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C'est au
pays des Jeunes Volcans d'Ardèche que se rattache le volcanisme
de la commune de Meyras.
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MEYRAS
- Village étape
du pays des Jeunes Volcans d'Ardèche
CADRE GÉNÉRAL ET ÂGE DU VOLCANISME DE MEYRAS
C'est au pays des Jeunes Volcans d'Ardèche
que se rattache le volcanisme de la commune de Meyras. Le volcan du
Souilhol et ses deux coulées ainsi que le maar Doris (site
de la station thermale), se rattachent en effet au dernier épisode
éruptif (peut-être âge de guère plus de
10.000 ans) ayant affecté le Bas Vivarais.
Le volcan du Souilhol, situé sur la crête localisée
dans la confluence entre Ardèche et Lignon, domine la station
thermale de Neyrac. Il s'agit d'un cratère égueulé
ayant émis deux coulées basaltiques. La première
coulée est sortie par le cratère regardant en direction
du Lignon et a successivement rempli les vallées du Lignon
et de l'Ardèche (jusqu'à Pont de Labeaume). Une autre
coulée a contourné Neyrac Haut après s'être
échappée à la faveur d'une fracture affectant
le socle.
Le maar Doris, reconnu voici peu, correspond très exactement
au site de la station thermale. Il joue indubitablement un rôle
essentiel dans la localisation des sources ayant favorisé l'implantation
du site thermal. Le maar joue par ailleurs le rôle d'un puits
naturel qui piège les eaux tant d'origine proche que lointaine.
Le gaz carbonique, émis dans ce piège naturel, ajoute
au cachet particulier de Neyrac dont la mofette était, dit-on,
déjà connue des romains.
1 - L'Épingle de la RD 26
(arrêt 1)
Peu après avoir quitté le
centre de Meyras, quelques centaines de mètres avant d'atteindre
la RN 102, on fera un arrêt dans l'épingle de la RD
26 où un élargissement de la chaussée autorise
le stationnement de plusieurs véhicules (voire d'un autocar).
De là il est possible d'observer à loisir un large
tronçon de la vallée de l'Ardèche depuis la
Gravenne de Thueyts jusqu'à Pont de Labeaume. On remarque
en particulier, en portant le regard de l'amont vers l'aval : le
site de la station thermale (l'il averti reconnaîtra
le cratère du maar Doris), le volcan strombolien du Souilhol
(Photo 1), la puissante coulée basaltique émise par
celui-ci dans la vallée du Lignon. Cette dernière
a ensuite rejoint le lit de l'Ardèche pour venir mourir à
Pont de Labeaume où elle repose sur la coulée venue
du maar du Ray-Pic.
2 - Le secteur de l'office du tourisme
(arrêts 3 à 5)
2.1 La morphologie des coulées,
vraie colonnade et entablement
La coulée basaltique, sur laquelle se situe le parking de
l'office du tourisme, permet de se livrer à plusieurs observations
(arrêt N° 3). Bien que l'ensemble soit assez puissant,
de l'ordre de 11 mètres, la vraie colonnade est de faible
épaisseur (# 1 mètre). Elle est remarquablement bien
prismée et surmontée d'un puissant entablement constituant
l'essentiel de la falaise. Cette coulée offre la possibilité
de bien rendre compte des différences entre vraie colonnade
et entablement. La première est parfaitement prismée
et correspond à ce que l'on qualifie également "d'orgues
basaltiques" alors que la seconde présente une prismation
beaucoup plus anarchique.
2.2 - Les alluvions sous-basaltiques,
leur rôle dans le processus d'érosion des coulées
Des alluvions mal consolidées peuvent être observées
au même endroit que vraie et fausse colonnade. On comprend
très bien (Photo 2) qu'elles puissent être entraînées
lors des épisodes de crue et que ce processus induit la formations
de surplombs qui -tôt ou tard- provoquent l'effondrement de
la vraie colonnade. Avec un peu de retard l'entablement subit le
même sort et la falaise basaltique recule ainsi de façon
relativement rapide. Ceci explique l'importance de la dissection
des coulées en dépit de l'âge récent
du volcanisme.
Le site de Neyrac présente la particularité
d'offrir au regard des alluvions sous-basaltiques qui localement
reculent moins vite que la coulée basaltique (Photo 3). Ceci
est particulièrement bien visible au point d'arrêt
N°5 où des cordons de galets, cimentés par de
la calcite, sont présents en avant de la falaise basaltique
(en rive gauche de l'Ardèche, à la hauteur de l'hôtel
du Levant). Cette cimentation est tout à fait naturelle ;
elle est en effet liée à la circulation d'eaux chargées
en carbonate de chaux (voir infra). Ce type d'observations peut
également être effectué sous le pont qui enjambe
l'Ardèche et conduit vers la station thermale.

2.3 - Une curiosité particulière
au site de Neyrac : la formation de tufs calcaires.
En rive droite de l'Ardèche, face à la petite plage
située à l'extrémité du chemin partant
du parking (office du tourisme), on observe la formation de tufs
calcaires (Photo 4). Une telle occurrence mérite attention.
En effet elle reflète à la fois une conséquence
des importantes émissions de gaz carbonique connues dans
toute l'Ardèche dite "des vallées" et la
combinaison de ce gaz carbonique avec le calcium (sous forme de
CaO) libéré lors de l'altération des silicates
calciques contenus dans le cratère du maar Doris. On notera
que les émissions de gaz carbonique sont très importantes
à Neyrac et se manifestent en particulier par la présence
d'une mofette connue de longue date. en effet, Faujas de Saint-Fond
en parlait déjà dans ses lettres au Roi Louis XV ...
3 - Le maar Doris (arrêts
2 et 6)
Le site de la station thermale, bien que
connu de longue date, n'a que très récemment été
interprété comme un cratère de maar. D'ailleurs
il n'est pas répertorié dans la carte géologique
éditée dans les années 80. Il s'agit d'un appareil
de forme sub-circulaire, dont la superficie interne est rigoureusement
celle du replat situé au cur de la station. La structure
du maar est parfaitement repérable depuis l'aval du parking
situé au pied de "Ciné Neyrac". Elle se
distingue encore mieux depuis la petite route de crête reliant
Meyras à Thueyts (Photo 5). Les produits d'explosion phréatomagmatiques,
tout à fait caractéristiques, sont observables tant
en bordure de route (juste avant de pénétrer dans
la station) que derrière l'établissement thermal (point
6). Ils sont constitués presque exclusivement de fragments
du socle plus ou moins pulvérisés (gneiss, granite,
/..)
4 - La montée vers le Souilhol,
vue depuis le sommet
La montée vers le sommet du Souilhol
s'effectue à partir d'un point situé à quelques
mètres au-delà de la pancarte indiquant Le Seuzaret,
Jaujac. Il ne faut en aucun cas suivre la route indiquant "
le Souilhol ", nom du hameau qui se situe légèrement
à l'amont, dans le prolongement de la route qui part vers
la gauche. 
Sur la lèvre du cratère on atteint,
après une petite centaine de mètres, la bombe de la
photo 7. Celle-ci mesure de près d'un mètre de long
dans sa plus grande dimension et présente une surface dite
en "croûte de pain". Elle est arrivée au
sol à l'état encore plastique car elle a partiellement
épousé la formes des objets sur lesquels elle s'est
écrasée. On a là, par simple observation de
la forme, une bonne information sur l'état physique de la
matière au moment s'effectue le contact avec le sol.
On sait que certaines laves du Souilhol ont été émises
à des températures particulièrement élevées
(supérieures à 1200 °C) et cet objet, n'a pas
eu le temps de se refroidir totalement au cours de sa trajectoire
aérienne.

Depuis le sommet, la vue est excellente en direction de la confluence
Lignon - Ardèche et de Pont de Labeaume (avec une remarquable
morphologie de coulée) ainsi qu'en direction du château
de Ventadour, toutefois partiellement masqué par les reliefs
du premier plan. On dispose aussi d'une excellente vue sur les hameaux
qui dominent la vallée de la Fontaulière, en rive
gauche. Naturellement, en l'absence de brume, le panorama offert
sur le massif du Coiron et son soubassement marno-calcaire est tout
à fait remarquable. Vers le sud, la Coupe de Jaujac est intégralement
visible et on distingue parfaitement tant les maisons de la périphérie
de Jaujac que le château situé au pied de la Coupe.

Les laves (projections) constituant le sommet du Souilhol méritent
une mention spéciale. Elles ont en effet été
émises à une température particulièrement
élevée (supérieure à 1200 °C) et
après une trajectoire aérienne relativement brève
sont retombées en donnant des formes particulièrement
torsadées (twisted ribbon bombs : Photo 10). Le bruit particulier
qu'elles émettent sous le pas du marcheur reflète
par ailleurs leur état totalement vitreux.

Si nous tournons le regard vers l'ouest, nous apercevons ce qui
reste de la "Gravenne de Thueyts" (activement exploitée
pour ses pouzzolanes) ainsi que le site de cette commune, largement
construite sur la coulée basaltique qui a terminé
le cycle éruptif. Sur la crête située au nord,
nous remarquons les conifères, alignés de façon
quasi militaire, de la "Gravenne de Montpezat". Les coulées
émises par cette dernière, en direction de la Fontaulière,
ne sont évidemment pas visibles. Il convient d'ajouter que
la vue est très dégagée en direction du centre
de Meyras et de son clocher très caractéristique.
On devine aussi la petite route qui, via la crête, permet
de relier le centre de Meyras à Thueyts. 
C'est depuis cette route que l'on a le meilleur point d'observation
sur le maar Doris dont la morphologie apparaît alors très
caractéristique.
Bibliographie
- E. T. Berger, R. Brousse, " Age récent
(11.770+/-270 ans B.P.) des dernières éruptions du
Vivarais ", dans Les Comptes rendus de l'académie des
sciences, vol. 280, série D, 1975, p. 419-422
- E. T. Berger., I. Laurent, M. Vannier, " Approche stochastique
des crises volcaniques : exemple du Massif central français
", dans Colloque Géoprospective, 18-19 avril 1994, Paris,
unesco, 1994, p. 33-34
- Carte géologique de la France à 1/50.000 : Burzet,
Orléans, Bureau de recherches géologiques et minières,
1985
Sources
- E. T. Berger, Enclaves ultramafiques, mégacristaux
et leurs basaltes-hôtes en contexte océanique, Pacifique
sud, et continental, Massif central français, Doctorat d'état,
Paris XI, 1981
- E. T. Berger, Le volcanisme récent de l'Ardèche,
Thèse de 3e cycle, Orsay, 1973
- E. T. Berger, Perspectives offertes par le volcanisme du secteur
de Montpezat rapport préliminaire, dans le cadre du
projet " Pays des Jeunes Volcans d'Ardèche ", 1998
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